Le 7 mai dernier Le Figaro nous a consacré une pleine page pour un portrait sur le parcours de Marie, une manière de mieux comprendre comment est né Mi Casa. Si vous ne l’avez pas lu le voici ! Merci à Véronique Guillemard pour cette belle interview.

MARIE HEYDENREICH, ENTREPRENEUSE ET GLOBE-TROTTEUSE.
PORTRAIT – LA FONDATRICE DE MI CASA ES TU CASA VIENT DE LANCER LA NOUVELLE VERSION DU SITE DE LOCATION DE MAISONS DE VACANCES ENTRE PARTICULIERS, EN JOUANT LA CARTE DE LA COOPTATION ET DE LA CONFIANCE.
« Tu peux tout faire ! Tu peux tout avoir ! » Marie Heydenreich se rappelle encore cet encouragement maternel lorsqu’elle était enfant. « Femme de militaire, mère de quatre enfants, elle avait une personnalité inspirante, qui détonnait dans le paysage, il y a quarante ans. Elle a toujours travaillé et créé des entreprises. Elle m’a ouvert les portes de tous les possibles » raconte la fondatrice et dirigeante de la start-up Mi Casa Es tu Casa. Tandis que son général 5 étoiles de père, « un vrai papa poule » aimant et chaleureux affirmait « la seule ambition qui vaille dans la vie c’est d’être heureux ! «
Marie Heydenreich n’a jamais oublié ces précieux conseils qu’elle a mis en pratique, en conjuguant travail, mari et enfants, tout en parcourant le monde. La jeune femme vient de lancer la nouvelle version du site Mi Casa Es Tu Casa, spécialisé dans la location de maisons de vacances entre particuliers. A côté des géants du secteur tels qu’Abritel ou AirBnB, le site veut se différencier par ses valeurs, en offrant un réseau de confiance entre adhérents cooptés. Une sorte de club privé dont les membres, propriétaires et locataires sont parrainés et les profils vérifiés. « Notre réseau compte 45 000 membres et 3 000 maisons à louer, à 85% en France, mais aussi dans le sud de l’Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Nous aurions pu avoir cinq fois plus de membres mais nous refusons beaucoup de profils de personnes non cooptées. » explique Marie Heydenreich. Pas de professionnels ou de propriétaires qui achètent uniquement pour louer mais des particuliers, qui ont un bien inoccupés pendant des semaines ou parfois des mois.
Parcours du combattant
Marie Heydenreich sait de quoi elle parle après avoir vécu plus d’une vingtaine de déménagements depuis son enfance au gré des mutations de son père, puis de son mari, cadre dans le secteur pétrolier. De la Colombie au Gabon en passant par la République Démocratique du Congo, le Royaume-uni et le Vietnam, elle se qualifie avec humour de « reine des cartons« ! Et ne revient dans son pays natal que quelques semaines par an. De cette expérience personnelle, elle va faire un business à succès.
Tout commence fin 2016, elle crée un groupe privé sur Facebook. Déjà elle met en place le principe du parrainage. « Au départ, mon ambition n’était pas professionnelle. C’était plutôt pour répondre à mon propre besoin et à ceux de mes amis. » reconnait-elle. Très vite l’engouement se confirme. Le groupe grandit à grande vitesse, passant à 5 000 puis 20 000 membres. En 2018, à la faveur d’une nouvelle expatriation, de RDC au Royaume-Uni, elle profite de son retour en Europe pour créer sa start-up. « Il fallait passer à la vitesse supérieure, créer un cadre et des fonctionnalités demandées par nos membres tout en gardant nos valeurs. » se rappelle-t-elle.
La jeune et pétillante femme a déjà une certaine expérience de l’aventure entrepreneuriale après avoir créé sa première boite à 26 ans, ainsi qu’une marque de vêtements pour enfants en Colombie. Elle se lance de le parcours du combattant. Elle se fait accompagner par Willa, premier incubateur français spécialise dans l’entrepreneuriat féminin, qui vise à plus de mixité dans la tech. Puis elle trouve une associée. Ce sera une expatriée, rencontrée au Gabon, Delphine Bruguier, qui l’a rejointe en 2019. Et elle lève des fonds auprès de sa communauté, sélectionne des partenaires techniques pour concevoir le site. Avec Delphine, elles travaillent sur le contenu et élargissent les fonctions. Désormais Mi Casa Es Tu Casa n’a plus rien à envier aux grands : offre d’assurance haut de gamme, paiement sécurisé en ligne, messagerie instantanée interne, visibilité des biens et moteur de recherche pour trouver des parrains parmi ses relations et ses réseaux sociaux.

L’objectif à moyen terme est de fédérer une communauté de 100 000 « MiCasiens », comme ils se surnomment, tout en gardant son ADN de réseau de confiance. Le site a attiré l’attention de grands acteurs du secteur. « Nous avons reçu une offre de rachat que nous avons écartée en 2022. Vendre n’est pas notre objectif de court terme. Nous avons de belles perspectives de croissance« , affirme l’entrepreneuse globe-trotteuse. Mais pas question d’insulter l’avenir, « nous restons à l’écoute de toute proposition qui nous donnerait de nouveaux moyens de nous développer. »
Booster par les outils digitaux
Cette aventure entrepreneuriale a été boostée par les outils digitaux: réseaux sociaux, internet, télétravail : « Je suis arrivée au bon moment » assure Marie Heydenreich. « Dès leur création; j’ai pensé que le potentiel des réseaux sociaux comme Facebook allait au-delà d’offrir des usages privés 8 Ils pouvaient être des accélérateurs de business ! » estime-t-elle. Pour peu que l’on sache s’adapter. « Déménager souvent implique de s’adapter à un nouvel environnement, une autre culture, aller vers les autres pour se faire des amis. Cela, à partir d’une cercle familial solides et des valeurs transmises par mes parents; avec la première d’entre elles, la confiance » confie-t-elle. Un modèle d’expatriation en famille au’elle a transmis à ses trois enfants.
Son parcours aurait peut-être été différent si elle n’avait pas croisé son mentor, en la personne de Daniel Prin, vice-président consulting France de l’agence de communicatuib TMP WorldWide. La jeune salariée de Publicis le rencontre lorsqu’elle postule chez TMP France, pour créer la filiale NeoDialogue, spécialisée dans les relations presse, dédiées aux ressources humaines. Elle obtient le poste, fonde la filiale et devient directrice associée. Mais Daniel Prin l’a percée à jour: » Tu es faite pour entreprendre ! » « Il m’a donné confiance et révélée en tant qu’entrepeneuse« , raconte-t-elle.
Aujourd’hui, en plus du site Mi Casa Es Tu Casa, Marie Heydenreich est désireuse d’encourager d’autres femmes à entreprendre dans la tech. Elle fait du mentorat et aide à trouver des financements, via Willa Expat, un programme à destination des femmes expatriées, qu’elle a lancé au sein de l’incubateur parisien.
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